OUTILS DE GRÈVE

La grève des stages n’a que très peu de précédents dans l’histoire du mouvement étudiant. Ainsi, de nouvelles stratégies d’action et de défense collective sont à penser et à mettre en oeuvre. Expérimentées en novembre dernier, la signature collective d’un avis de grève et une tournée des milieux de stages durant la grève se sont avérées être des actions permettant de rendre effective la grève des stages. En prévision de la grève, la sensibilisation des milieux de stages et des syndicats est aussi essentiel afin qu’ils prennent position en faveur du respect des mandats de grève des stagiaires et qu’ils soient solidaires de la lutte pour la rémunération des stages. Les exemples de lettres aux directions, d’avis de grève et de propositions d’appui peuvent être adaptés et utilisés par toutes et tous !

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À partir du moment de l’adoption de mandat de grève pour la semaine du 19 novembre 2018 par les différentes associations étudiantes de l’UQAM, un avis de grève qui explique les raisons de la grève et déconstruit les menaces anticipées et formulées par l’administration quant aux conséquences de la grève des stages circule. Signé par 437 étudiant.es et stagiaires, l’avis est envoyé à toutes les directions de programmes de l’UQAM et supervisions de stages à la première journée de grève. Lire l’avis de grève.

« Il n’est pas anodin que les stagiaires qui supportent à bout de bras leurs obligations parentales, étudiantes et financières décident de faire la grève. Ce moyen de pression se présente comme la seule façon de visibiliser le travail fait en stage, et répond au besoin criant de diminuer le travail gratuit exigé des femmes, des personnes issues de l’immigration, des parents-étudiantes, des personnes effectuant un retour aux études, bref des stagiaires. Les conséquences négatives qui découlent de cet arrêt de travail incombent entièrement à l’UQAM et au gouvernement du Québec, et eux seuls doivent réfléchir à pallier l’interruption des services, services qu’ils promettent à la population du Québec.»

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Le 14 novembre 2018, en prévision d’une assemblée générale de grève de l’Association étudiante de service social de l’Université de Montréal (AÉSSUM), le conseil exécutif de l’association ainsi que 79 stagiaires informent d’emblée les coordonateurs et coordonatrices de stages de l’École de travail social qu’aucune menace, pression ou intimidation ne sera tolérée dans l’éventualité d’une grève des stages. Lire la lettre.

« Bien qu’il soit avéré que nos stages s’apparentent à un milieu de travail, ces stages demeurent partie intégrante de notre formation académique. Lors de leur complétion, nous demeurons étudiantes et étudiants et nous demeurons membres de l’association étudiante. Nous y sommes donc dans un but d’apprentissage dans lequel nous demandons d’être encadrés et encadrées par un répondant ou une répondante, ainsi que par l’école de travail social, le tout dans un milieu d’apprentissage sain. De plus, le comité exécutif, tout comme les signataires de cette lettre, se positionnent contre toute pression ou intimidation pour limiter les droits de protester ou de négocier face à des situations problématiques liées aux stages.»

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À la session d’hiver 2018, les membres de l’Association des étudiantes et étudiants de la faculté d’éducation de l’UQAM (ADEESE) ont tenu 4 journées de grève des cours et des stages. Face aux menaces de reprise des heures de stage manquées, formulées par les directions de programme, une lettre à leur intention est rédigée et signée par les étudiant.es et stagiaires des différents programmes afin de s’opposer à de telles mesures. Lire la lettre.

« Si vous exigez des mesures de compensation, c’est-à-dire la reprise des journées de stage interrompues, ce serait incompatible et irréconciliable avec la capacité d’organisation des étudiantes et étudiants à l’Université du Québec à Montréal. Nous nous trouverions dans l’impossibilité de répondre à de telles exigences sans enfreindre directement le mandat d’assemblée générale dûment adopté, et vous nous placeriez en situation d’iniquité face à toutes les personnes qui ne pourraient ou ne devraient pas compléter les heures de formation interrompues pour cause de grève. De plus, de telles mesures de compensation constitueraient directement des pressions pour limiter les droits de protester et détourneraient le sens des protestations. En effet, les journées de grève adoptées ont pour objet ultime et principal l’interruption du travail effectué par les stagiaires dans le cadre de leur formation académique.» 

En réponse à l’entêtement du programme d’enseignement et adaptation scolaire et sociale, une lettre similaire a été signée par 173 stagiaires à l’intention de la directrice du programme, Mirela Moldoveanu. Elles et ils affirment respecter le mandat de grève adopté en assemblée générale. Lire la lettre.

Sommaire

Proposition d’appui

Considérant que les stages non rémunérés, avant, pendant, après les études, ne font qu’augmenter dans les différents milieux et servent de plus en plus à remplacer des emplois rémunérés, parfois syndiqués ;

 

Considérant que les stagiaires non rémunéré.es sont majoritairement dans des domaines traditionnellement féminins ou ayant une fort présence de personnes racisées et immigrantes;

 

Considérant que les personnes effectuant des stages non rémunérés ne sont pas protégées par la Loi sur les normes du travail;

 

Considérant que les stagiaires du Québec luttent présentement pour l’obtention du statut de travailleurs-euses afin d’être rémunéré.es et avoir des conditions de travail justes;

 

Considérant que la campagne pour la rémunération de tous les stages s’inscrit dans la campagne pour un réinvestissement public et massif dans la santé, l’éducation et les services sociaux;

 

Que _____ prenne position en faveur de la rémunération de tous les stages, et ce, à tous les niveaux d’études;

 

Que _____ s’engage à respecter la grève des stagiaires en invitant ses membres à ne pas employer de stagiaires en grève pendant cette période.

 

* Cette proposition se trouve dans la brochure « Nous sommes collègues », à l’intention des travailleurs.euses des milieux de stage.

* D’autres exemples de propositions se trouvent ici.